Villz Iran façade 2

Villa Iran façade 1

La maison d'Ispahan.

Perse ou pas, je reste avec mes insomnies. Et je ne vais pas vous faire le coup du "jet lag", ça ne m'a jamais rien fait.

Alors voici cette villa dont Hebus me parlait tant, havre de paix selon lui. Il n'exagérait pas. J'ignore combien il y a de pièces, ni la taille du jardin, mais je rconnais que c'est somptueux. Il m'est même difficile de compter LES façades de cette incroyable villa. Ce sont Lothaire et Nour-Anatole qui ont fait les photos.

Au début, nous n'avons pas pu beaucoup nous reposer, car ce fut le défilé des voisins amis de la famille, venus présenter leur condoléances et voir le fils de Hebus extirpé aux horreurs de Gaza. Je comprends bien que cette famille, ça n'est pas "n'importe qui" quand je vois l'extrême respect les gens parlent. Je ne suis pas laisser de côté, et nous arrivons à échanger et nous comprendre en anglais. Il me semble que pour certains, je ne suis pas tout à fait un "inconnu". Nour-Anatole se demande comment nous allons manger tout ce qu'on nous apporte, ni où nous allons mettre toutes les fleurs. Le jamin et les roses sont une "Harmonie du soir" envirante.

Et je ne peux pas ne pas penser à Hébus : "Voici venir les temps, où vibrant sut ta tige, tout mon corps s'évapore..." ainsi que j'avais, pour lui, "adapté le fameux poème de Charles Baudelaire.

Quant au défilé de desserts et de sorbets, il ferait pâlir Berthillon, et là encore, ce ne sont que fruits et fleurs qui embaument.

Villa Iran jardin 1

Villa Iran jardin 2

J'aimerais - évidemment - que Hebus soit là, aussi pour me scander toutes les poésies persanes qu'il connaissaient par coeur. Ce grand jardin invite à la poésie.

Plutôt que "jardin", je devrais dire parc, car on peut s'y promener sans s'y sentir à l'étroit, ni tourner en rond.

Et c'est aussi tout un pan de la littérature qui revient à mon esprit, Proust, Sand, Volette, Gide, Genevoix, Mauriac... mais aussi Brontë, Hardy (pour ne citer qu'eux)... et leur talent à décrire la nature, presque à la façon de botaniste. Je me rappelle mon grand père paternel, Raymond, le jardinier, que j'écoutais des heures décrire et raconter sa flore.

J'ignore pourquoi j'ai tant hésité à venir, la peur au ventre de faire, même malgré moi, une sorte de pélerinage aus sources de mon Prince of Persia. D'évidence, c'est apaisant et stimulant à la fois, puisque je le découvre encore, et parce que je suis attendri par l'incroyable de destin de Nour-Anatole, qui comprend très bien où nous sommes, pourquoi nous sommes là, sans que nous en ayant eu conscience totalement.

Ispahan Moucharabieh

Ispahan vestibule

Je reconnais immédiatement certaines choses que les parents de Hebus et Lothaire m'ont décrites. Ce sont des cadeaux qu'ils ont reçus du temps du Shah. On m'explique que ce sont quelques copies d'oeuvre d'art (parfois d'époque) offertes à leur père parce qu'il fut un chirurgien d'exception. 

Du côté qui permet d'accéder à ma chambre (cette "villa" a beaucoup d'entrées !) il y a ce très beau moucharabieh que je reconnais immédiatement, identique à la description qu'on m'en en a faite. C'est très efficace, on ne se rend pas du tout compte que dehors il fait 40°C. Je trouve que ça invite à la langueur et à la lascivité. Du côté du vestibule principale, on est derrière ces belles portes à vitraux. Je me demande si cette maison ne fut pas un harem autrefois tant tout cela est sensuel, presque luxurieux. Les 1001 Nuits ne sont pas loin.

Ispahan sous-sol

Lorsqu'il fait trop chaud, bien que la maison soit assez fraîche, nous descendons dans une petite pièce que j'ai tout de suite aimée. C'est une petite pièce avec des fenêtres en soupirail, à moitié en sous-sol donc, où on nous sert du thé, des parisseries et des sorbets. Je lis des poèmes de Hafez (XIVe siècle), Lothaire emmagazine des articles de recherche, et Nour-Anatole fait des exercices de français pour aborder sa classe de sixième à l'aise. Et nous apotons aussi.

Ispahan chambre 2

Ispahan douche

Ispahan terrasse

Avec délicatesse, la "petite" chambre de Hebus m'est dévolue. Elle aussi, je la reconnais telle qu'il me l'a décrite.

Ce mélange de tapis et de carrelages, très coutumier en Iran, est très réussi.

La douche est ce qui ressemble le plus à Hebus, à la fois discrète, à la fois d'une évidente sensualité.

Si la chambre est "petite" c'est parce qu'elle bénéficie d'une terrasse presque aussi grande qu'elle. Je ménage mon allergie au soleil et me fourre tout le temps à l'ombre, après le goûter et la douche, en attendant le dîner et la promenade dans le parc, quand la température retombe à 25°C.

Ispahan chambre 1

Ispahan salon

Décrire "le" style perse, de quelque époque que ce soit, est impossible. D'une pièce à l'autre on a l'impression de changer d'époque ou de pays. Les constantes ici sont les faïences, les tapis, et les multiples oeuvres d'art.

La chambre de Lothaire n'a pas grand chose en commun avec celle où je dors (où je suis supposé dormir, pour être exact) ni aucune des deux avec le grand salon. C'est probablement du aux multiples voyages de le mère de Hebus, qui, la connaissant, rapporte toujours des "petits trucs artisanaux" d'une grande beauté.

Sincèrement, j'aurais pu ne pas sortir de ce petit paradis perse éloigné du monde, mais nous avons convenu, même si nous devons être escortés, d'aller nous promener un peu dans Ispahan, de visiter le gand bazar, d'aller dans un café ou un restaurant, et d'aller faire une sorte prière - je ne sais plus où - pour Hebus, avec des chants et de la musique traditionnelle. Peut-être aussi irons-nous aussi saluer son co-directeur de thèse qui souhaite nous voir.