Poussières dans le vent

De l'adolescence à l'âge adulte, de la campagne à la ville.

Taïwan, 1965.

Deux amis d'enfance décident de quitter leur petit village de montagne pour aller travailler à Taipei, la capitale, et, pour l'un d'entre eux, de poursuivre ses études aux cours du soir...

En 1986 sortait donc ce film de Hou Hsiao Hsien, qui fermait sa trilogie autobiographique.

C'est une comédie dramatique qui se joue sur deux plans : un plan personnel où l'on voit deux jeunes gens quitter définitivement l'adolescence pour entrer dans l'âge adulte, auquel se superpose une transition géographique puisque ces jeunes gens vont aussi devoir quitter leur cocon familial, et passer de la campagne à la ville.

Le film est d'une très rare délicatesse, filmant ses protagonistes sans que la caméra ne semble jamais intrusive, sans que ces jeunes gens semblent ni heureux ni malheureux dans ce moment de transition dans leur vie, sans que le réalisateur n'insuffle le moindre sentiment traumatique lié à cette transition.

C'est le train qu'il empruntent pour revenir voir leurs familles qui symbolise le lien presque indéfectible qui nous relie tous à notre enfance et à notre adolescence, qui matérialise les retours vers ce que sont nos "racines".

Hou Hsiao Hsien construit son film par petites touches en forme de gestes quotidien, en famille, au travail, entre amis... et c'est admirable en tout point. Les scènes se déploient avec beaucoup de tendresse, grâce à des plans-séquences fixes magnifiquement cadrés, et cherchant à capter avec tendresse les émotions qui passent sur les visages des protagonistes. Très belle distribution, où Shufang Chen, Ko Lawrence, Li Tien-lu, Lin Yang, Mei Fang, etc... sont admirables.

C'est incontestablement un très grand film, réalisé par un maître du cinéma. Et je regrette que cette délicatesse ne soit pas plus "populaire".